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LA FORÊT MÉDITERRANÉENNE, GARRIGUES ET MAQUIS

Lorsque l'on évoque le nom des Corbières, la première image qui vienne à l'esprit, hormis son vin réputé, est l'univers de cailloux qui couvre cette contrée. Car, il semble que le règne minéral qui s'impose ici dans une débauche de rochers et de roches, de pierrailles et de caillasses, de rocs et de rocailles, de pierriers et de cailloux, a supplanté le monde végétal. N'est-ce pas de pierres que sont constitués les vertigineux châteaux perchés sur des arêtes rocheuses ou les splendides abbayes fleurissant nos vallées et qui font la notoriété du "Pays Cathare" ! Et pourtant, parler de forêts devant ces étendues apparemment désertiques aux yeux du voyageur pressé ne relève absolument pas de l'hérésie. Cette forêt méditerranéenne, malgré les multiples agressions qu'elle a subies au cours des siècles passés, possède une biodiversité étonnante et une richesse faunistique et floristique remarquables à travers tous les milieux rencontrés (chênaies vertes ou pinèdes, garrigues et maquis, etc.). De plus, elle représente sans aucun doute un lieu d'émerveillement constant pour l'amoureux de la nature épris de curiosité. Aussi, êtes-vous invités à découvrir les Corbières sans modération, ce pays de pierre, de vent et de soleil…

Patrick VALETTE, Office National des Forêts, janvier 2004

LA FORET MEDITERRANEENNE EN CORBIERES

GARRIGUES ET MAQUIS



LA FORET MEDITERRANEENNE EN CORBIERES (retour)

Quelques données locales…
Entité tout à fait singulière, Lagrasse est située dans la région des Corbières Orientales, c'est à dire une zone limitée au Nord par la plaine de l'Aude, à l'Est par la frange littorale, au Sud par le département des Pyrénées Orientales et à l'Ouest par les Corbières Occidentales (influences du climat atlantique et montagnard). Installée sur des sols de nature calcaire principalement, souvent superficiels, érodés et dégradés, elle doit faire face à un climat méditerranéen très contrasté que l'on peut qualifier de climat de tous les extrêmes malgré les apparences : étés très chauds et secs (déficit hydrique prononcé typique du climat méditerranéen), automnes aux pluies diluviennes, hivers périodiquement rigoureux et vents impétueux déferlant sur les plaines et collines. Dans les Corbières, ce vent fougueux balayant allègrement les reliefs, fréquent et parfois très violent, de secteur Ouest à Nord-Ouest, se nomme le Cers. Tous ces éléments confèrent à l'ensemble de cette zone des potentialités forestières limitées, en terme de production. Quelques données complémentaires pour terminer : l'altitude varie de 100 à 600 mètres environ et la rivière de l'Orbieu, traversant Lagrasse, constitue la pièce maîtresse du réseau hydrographique.

Un peu d'histoire…
Il y a 6500 ans, faisant suite à la dernière glaciation würmienne (- 10.000 ans), le chêne vert (essence méditerranéenne par excellence) et surtout le chêne pubescent devaient occuper la quasi-totalité des Corbières Orientales jusqu'à l'époque romaine, se répartissant en fonction des facteurs climatiques, édaphiques (nature du sol) et topographiques du lieu. Quant au pin d'Alep, autochtone de la région d'après les analyses palynologiques récentes (étude des pollens fossiles), il devait subsister en îlots. D'une économie de prédation (cueillette, chasse et pêche), l'homme passa progressivement à une économie de production (culture, élevage, etc.) et se sédentarisa. Pendant quelques milliers d'années, cette forêt primitive paya un lourd tribut aux besoins de l'homme, et se trouva fortement ruinée aux siècles derniers :

__ paissance, voire "surpaissance" des animaux sur des garrigues déjà très pauvres (la dent du bétail n'épargnait rien),

__ utilisation des meilleures parcelles pour des cultures diverses (blé et autres céréales, vignes, oliveraies...),

__ défrichement et déboisement continuels pour se chauffer ou alimenter les fours à chaux, les verreries et les forges, etc. (les charbonnières fumaient allègrement),

__ ajouté à cette pression humaine, le feu terminait d'anéantir la forêt (de nos jours, l'incendie reste le plus grand ennemi).

Depuis des temps immémoriaux, l'économie pastorale s'est imposée dans les Corbières. Le développement continuel du pacage s'est toujours fait au détriment de la forêt. Les défrichements allaient bon train pour augmenter les surfaces de parcours de troupeaux d'ovinés d'autant que le feu, souvent utilisé, devenait un allié efficace. Des dizaines de milliers de bêtes à laines (moutons) et quelques milliers de bêtes à cornes (chèvres) arpentaient les collines méditerranéennes dénudées. On retrouve dans certains noms de village ou de lieux, l'importance de ce cheptel : Lanet pour la laine, Val de Dagne pour le mouton ou bien encore Saint-Laurent de la Cabrerisse pour la chèvre. Outre le lait et la viande, l'industrie de la laine florissante représentait la ressource essentielle des Corbières. N'appelait-on pas non plus le chemin de la laine, la route entre Carcassonne et Lagrasse ! De plus, le développement des abbayes de Fontfroide (cistercienne) et de Lagrasse (bénédictine) ne fit qu'accentuer cette primauté de l'élevage.

A coté de l'élevage, une polyculture complémentaire amoindrissait encore la surface forestière avant que la vigne ne vienne aussi réduire à "une peau de chagrin" la forêt des Corbières. Enfin, parallèlement, l'exploitation de minerais divers, les forges, les verreries, les tanneries (récolte de l'écorce riche en tan pour rendre les cuirs imputrescibles), etc. contribuèrent notablement à l'appauvrissement de la surface forestière de la région.

De nos jours, toutes ces activités ayant disparu, notoirement régressé ou subi un déclin, la forêt reprend tout doucement ses droits fidèlement à la dynamique naturelle de la végétation. Il faut se rappeler que la surface forestière française avait atteint un seuil critique de 8 millions d'hectares au siècle dernier alors qu'aujourd'hui, elle a retrouvé sensiblement sa superficie du Moyen Age avec pratiquement 16 millions d'hectares. Il faut dire également que si le pastoralisme commençait à décliner depuis la révolution française, l'exode rural pour ne pas dire la désertification (moins de pression humaine dans les campagnes) conjuguée à l'ère de l'industrialisation et à l'utilisation de nouvelles ressources énergétiques (charbon et pétrole notamment) ont contribué également à la "revégétalisation" de nos Corbières.

La forêt méditerranéenne aujourd'hui…
La couverture végétale actuelle est composée de grandes zones de garrigues ("forêt méditerranéenne dégradée") résultant des actions anthropiques (culture, surpâturage, exploitations abusives, voire feu), de surfaces importantes de taillis de chêne vert préservés qui sont régulièrement exploités pour les besoins locaux (bois de chauffe), de quelques chênaies pubescentes reliques fournissant sporadiquement du bois de chauffage et de peuplements résineux très peu productifs dans l'ensemble.

Les pins, essences pionnières, forment des pinèdes ou des pineraies qui contribuent à la beauté des paysages rocailleux de la région. Sur sol calcaire (les Corbières ont un relief karstique prédominant), pins d'Alep (colonisation naturelle) et pins pignons ou pins noirs d'Autriche issus de régénérations artificielles, adaptent leur croissance à la frugalité de ces sols superficiels, tandis que les pins maritimes poussent exclusivement sur terrains siliceux. Châtaigniers et chênes lièges ont les mêmes exigences chez les feuillus. Enfin, des plantations ponctuelles de cèdre de l'Atlas viennent augmenter cette surface forestière résineuse et quant au cyprès, il mérite néanmoins d'être cité car il compte comme un élément important du paysage méditerranéen.

La forêt des Corbières Orientales est affectée principalement à la protection générale du milieu (cf. érosion des sols, paysage, environnement) et accessoirement à la production de bois d'œuvre résineux (toutefois modeste) et de bois de chauffage feuillu. De plus, elle revêt un rôle primordial d'accueil du public dans cette région touristique du Languedoc. De nos jours, une seule menace pèse dangereusement sur cette forêt : sa vulnérabilité au feu, véritable talon d'Achille de la région méditerranéenne (durant l'été 2003, ce sont 60.000 hectares de forêt qui ont brûlé…).

En conclusion, bien qu'elle n'ait pas le prestige de la forêt de Tronçais ou d'autres futaies tout aussi renommées, la forêt méditerranéenne des environs de Lagrasse mérite cependant les titres de noblesse qui forcent toute notre admiration et notre plus grand respect. Si Saint-Exupéry disait que l'essentiel est invisible, sachons nous émerveiller tout simplement devant cette nature apparemment pauvre mais à la beauté insoupçonnée. Protégeons-la afin que le végétal puisse poursuivre la reconquête du minéral et espérons que l'œuvre de Prométhée ne réduira pas en cendres cette forêt méditerranéenne lors d'un été surchauffé.



GARRIGUES ET MAQUIS (retour)

Ces deux noms sont intimement liés aux accents du Midi de la France. On ne peut pas parler de l'Aude sans évoquer ces deux milieux qui chantent aux accents du Midi de la France. La garrigue est plus connue car, hormis le fait qu'elle couvre des territoires plus importants, elle représente l'essence même de ce pays avec ses espaces odorants d'où se dégage une multitude de parfums subtils dispersés par le vent. Dans les Corbières, la garrigue est omniprésente tandis que le maquis reste plus discret.

Garigues et maquis, qu'es aquò ?
La garrigue et le maquis sont des formations végétales qui proviennent toutes deux de la dégradation de la forêt méditerranéenne, le plus souvent par incendie ou surpâturage. Ce qui les différencie, outre leur aspect et leur cortège floristique propre (bien que plusieurs espèces soient communes aux deux milieux comme les genévriers, les filaires, le prunellier, les nerpruns, le genêt scorpion et le genêt d'Espagne " Spartium junceum ", etc.), c'est la nature du sol sur laquelle s'installent ces associations végétales. A l'époque néolithique, les hommes ont pris possession de la forêt constituée de chênes verts ou chênes pubescents principalement suivant les influences climatiques et les conditions du sol de la station. Au cours des siècles, ces terrains ont été déboisés, mis en culture ou transformés en pâturages, parfois incendiés. Une flore spécifique s'est implantée en ces lieux pour former des garrigues ou des maquis. Cette dénomination au pluriel est plus appropriée car il n'y a pas une garrigue ou un maquis mais effectivement des garrigues et des maquis. Les différents faciès sont déterminés par les conditions climatiques locales, la longueur de la période de sécheresse estivale (en climat méditerranéen, les précipitations irrégulières accusent un déficit en été), les vents forts (dans l'Aude, le Cers est particulièrement virulent), la nature et la profondeur du sol, l'exposition des terrains, leurs anciennes destinations (pâturages ou cultures), l'importance du pacage, les activités humaines en général et la colonisation ou non de la strate arborée (notamment par des pins, essences pionnières). De plus une évolution progressive (ou régressive suite à un incendie par exemple), plus ou moins lente, affecte ces milieux à moins qu'ils ne soient l'objet de reboisements artificiels permettant rapidement un retour à l'état boisé.

Garrigues et maquis illustrent parfaitement cet aspect dynamique des associations végétales et cette idée constante d'évolution.

La garrigue
La garrigue est une formation végétale plus ou moins ouverte, composée en grande partie d'arbustes, d'arbrisseaux et de sous-arbrisseaux, résultant de la régression de la forêt méditerranéenne, le plus souvent par incendie ou surpâturage, sur sol généralement non acide. (Définition d'après le vocabulaire de typologie des stations forestières édité par l'Institut pour le Développement Forestier - 1985)

Garrigue viendrait du mot celtique "gar" qui veut dire rocher. Pour expliquer cette définition scientifique, disons simplement que cette formation végétale se rencontre essentiellement sur sol calcaire et qu'elle est composée d'espèces clairsemées (milieu ouvert) ou la roche affleure en de nombreux endroits. Les espèces végétales les plus communes, adaptées aux milieux secs et arides, et aux sols superficiels (pauvres en humus), qui s'y trouvent sont :
- les principales plantes aromatiques comme le thym, le romarin ou la lavande aspic (plantes mellifères renommées),
- le ciste cotonneux aux grandes fleurs roses et aux feuilles à l'aspect duveteux (qu'on trouve aussi dans le maquis),
- le genévrier cade (deux raies blanches sur chaque feuille) dont on tirait auparavant l'huile de cade,
- le dorycnium, qui fait le régal des abeilles,
- le buplèvre ligneux, grande ombellifère, très mellifère également,
- le chêne kermès (garouille); il abritait autrefois une cochenille (le kermès) dont les œufs séchés et traités (la ponte provoquant des sortes de galles) servaient à fabriquer une teinte rouge écarlate,
- l'aphyllanthe de Montpellier d'un bleu aussi pur que le ciel d'azur, très prisée par les moutons, - les charmants iris nains (jaunes, blancs et bleus) et l'élégante tulipe de Celse qui font une apparition rapide mais remarquée au printemps sans oublier quelques orchidées magnifiques,
- le dangereux Redoul (corroyère à feuille de myrte) dont les baies noires toxiques peuvent être confondues avec des mûres (empoisonnement),
- le buis omniprésent sur les sols calcaires,
-le pistachier térébinthe qui enflamme la garrigue à l'automne (feuillage rouge),
- et un grand nombre d'autres espèces qu'il n'est pas possible de toutes nommer et dont certaines ont été récoltées pour leurs vertus médicinales,
- le chêne vert, le chêne pubescent et le pin d'Alep qui font évoluer, dans les meilleurs des cas, ces garrigues vers la forêt climacique caducifoliée (cf. chênaie pubescente).

A chaque saison, la garrigue vous émerveillera : au printemps, des fleurs surgissent de toutes parts dans une explosion multicolore tandis que maintes abeilles œuvrent sans répit pour amasser miel et pollen ; en été, sous un soleil délirant, elle devient le domaine des insectes ou résonne un concert orchestré par les cigales stridulantes ; en automne et en hiver, elle sait garder toute sa plénitude en conservant sa parure verte. C'est souvent après de fortes pluies qu'elle exhale abondamment ses odeurs parfumées. Si la flore, par sa beauté et son charme, constitue la richesse de la garrigue, elle abrite aussi une variété de mammifères, grands et petits, un grand nombre de reptiles (dont le superbe lézard ocellé), une multitude d'oiseaux et une collection d'insectes qui occupent secrètement les lieux.

Le maquis
Le maquis est une formation végétale arbustive généralement fermée (souvent à base d'Ericacées et de Cistacées), résultant de la régression, le plus souvent par incendie ou surpâturage, de la forêt méditerranéenne sur sol généralement acide. (Définition d'après le vocabulaire de typologie des stations forestières édité par l'Institut pour le Développement Forestier - 1985).

A l'opposé de la garrigue, le maquis s'installe sur des terrains siliceux principalement et de nombreuses espèces buissonnantes forment souvent une végétation inextricable ("fermée", le "bartas" comme on dit en Languedoc, exprime bien cette idée de broussailles épaisses et impénétrables, de ronces buissonnantes, véritable rempart naturel).

Les espèces végétales les plus caractéristiques que renferment ces milieux sont :
- le ciste à feuille de sauge et le ciste de Montpellier (feuillage qui colle), tous deux aux fleurs blanches,
- le ciste à feuille de laurier, plus grand que les deux précédents (jusqu'à 1,50 m de hauteur),
- la lavande "stoechas" au feuillage très aromatique et aux fleurs violettes parées de bractées mauves (appelée aussi " lavande à toupet "),
- la bruyère arborescente couvrant le maquis de ses fleurs blanches (d'une hauteur de un à deux mètres en moyenne, la racine de cette espèce servait à la fabrication des pipes) et sa petite sœur la bruyère à balai avec laquelle on confectionnait des… balais,
- le calychotome épineux, arbrisseau épineux, comme son nom l'indique, ayant des feuilles à trois folioles et des fleurs jaunes,
- l'arbousier qui possède la particularité de porter en même temps des fleurs (clochettes blanchâtres), des fruits verts et des fruits mûrs d'un rouge vif (arbouses) dont on fait des confitures succulentes ; il s'agit d'un arbuste qui peut atteindre 5 à 6 mètres de haut aux feuilles persistantes et à l'aspect très décoratif, - et d'autres espèces en grand nombre,
- la strate arborée que l'on peut rencontrer se compose essentiellement de chênes verts, de chênes pubescents, de châtaigniers, de chêne liège et de pins maritimes (ces trois dernières essences sont inféodées aux terrains siliceux).

Si ces terrains ne sont guère propices à la promenade hors des sentiers et chemins, les rudes sangliers y trouvent des remises leur servant de retraite. Comme en garrigue, la faune est aussi très diversifiée. Signalons tout de même que la tortue de Hermann est un hôte particulier du maquis. Le feu et le ramassage de cette espèce l'ont fait quasiment disparaître. Dans l'Aude, sa présence est incertaine et de toute manière rarissime. Dans le massif des Maures, un plan de sauvegarde est entrepris pour cette tortue méditerranéenne.

Patrick VALETTE, Office National des Forêts, janvier 2004

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