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Nous vous invitons à découvrir avec nous l'histoire
de notre beau canton...
Il est passé par ici ? Peut être. Mais qui donc?
L'homme de Tautavel, pardi ! Mais ça fait un bail : 450
000 ans. En fait notre beau pays à toujours été
habité. Le brave Néanderthal (- 90 000 >
35 000) a laissé ses marques un peu partout : racloirs,
couteaux. L'Homo Sapiens aussi semble s'être beaucoup
plu chez nous (- 35 000 > 10 000) et l'Homo Sapiens Sapiens
(quelle intelligence!) est presque ... notre arrière arrière
grand-père ; il laisse un peu partout sur son passage tout
un matériel façonné sur os : pointes, aiguilles,
harpons,etc... dont on trouve encore quelques vestiges. Le changement
climatique termine la dernière glaciation et fait fuir
les Magdaléniens vers le nord. Et nous arrivons
tout doucement à nos premiers paysans Néolithiques
(- 6000 > 1500). De nouvelles races s'installent sur notre
sol et de nouveaux outils apparaissent : on élève,
on cultive, la céramique progresse.
- 3500 : voici la civilisation Chasséenne puis
le Néolithique final ( > 2500 ans) : c'est une
véritable révolution pastorale et agricole. Le pays
est en pleine expansion ; nous en avons pour témoignage
des dolmens (80), des menhirs (20), des tombes communes ou sépultures
collectives.
Un peu plus tard, des progrès significatifs à
l'âge du bronze (- 1800 > - 700) ; haches à
rebord ou bracelets sont produits sur place. On peut trouver leurs
traces à Saint Pierre des champs, Montlaur, Caunettes en
Val, Taurize, Serviès en Val. Le fer détrône
le bronze qui avait détrôné la pierre. Notre
région vit déjà un métissage de peuples
: les Ibères dont l'influence est importante, les
Celtes et les Ligures. Le pays s'organise en agglomérations
parfois fortifiées. Des vestiges subsitent partout dans
les alentours : Mayronnes, Saint Pierre des champs, etc...
Mais progressivement la culture romaine pénètre
la région. Les permières colonies latines se créent
à Narbonne et l'économie se développe ; l'outillage
agricole se perfectionne et par conséquent l'agriculture.
La stabilité et l'aisance s'installent et nous arrivons
à la PAX ROMANA. Période de remarquable prospérité
pour la région malgré le protectionnisme de Rome
qui interdit à nos braves autochtones la culture de la
vigne et de l'olivier pour importer leurs amphores de Campanie.
La région s'organise, se structure, fait une mise en valeur
des terres ; routes et chemins quadrillent le pays, permettant
ainsi le commerce et l'exploitation des mines. Pas une commune
dans notre canton qui n'ait ses propres vestiges : Montlaur, Taurize,
Saint Pierre des champs, Talairan, Tournissan, Villemagne, et
j'en passe sans aucun doute. L'agriculture aussi se développe,
les interdictions tombent et désormais place à la
vigne, s'il vous plaît, à l'olivier, aux céréales,
à l'élevage dans les zones de garrigues.
Mais, hélas, rien n'est éternel ! Voila les Wisigoths
qui entrent en scène; en douceur, dirons nous ! Si Narbonne
devient Wisigothique en 461, ceux ci mènent une politique
de conciliation, respectent les structures religieuses et juridiques
créées par la Pax Romana (nombreux vestiges d'objets
de métal : bagues, boucles de ceinturons aux motifs géométriques
d'inspiration nettement orientale). On érige de petits
sanctuaires rustiques un peu partout sur le territoire jusqu'au
IX ème siècle à peu près.
Mais la civilisation Wisigothe ne résiste pas à
la tornade sarrasine. Elle dure peu et n'a guère
laissé de traces archéologiques. La tradition locale
situe le dernier raid sarrasin au lieu dit de Borde Rouge dont
la terre, dit la légende, garde les traces de tout ce sang
versé (793).
Le IX ème et le X ème siècle voient
la multiplication de petites églises et de monastères
sur l'assise d'anciens temples : petites merveilles d'un roman
primitif. Un des points forts sera l'abbaye de Lagrasse dont la
légende attribue la formation à Charlemagne lui
même. Très puissante, elle rayonne dans tout le sud
de la France et en Catalogne.
Nous arrivons doucement à une société
féodale. Les seigneurs règnent sur le pays taxant
serfs et paysans. En parallèle les Evêques plus puissants
que jamais mennent une vie princière. Comment donc ne pas
comprendre l'énorme fossé entre ces brillants prélats
et le petit peuple avide de doctrines plus pures ? De cet abîme,
naît le catharisme venu de doctrines orientales. Nous passerons
sur cette fameuse croisade contre les albigeois, organisée
par l'Eglise et qui blessa notre région au point que les
souvenirs en restent encore déchirants. (Nous vous renvoyons
à la littératue adéquate qui abonde un peu
partout). Signalons simplement que "les gens d'ici"
la portent comme un blessure mal refermée. La conlusion
de tout ceci est que le pays devient possession royale. Cependant
notre région, sous l'impulsion d'un essor économique,
se développe ; la langue occitane s'élabore et s'écrit
à peu près comme aujourd'hui.
Le XIV ème siècle est sombre pour tout
le royaume. La peste noire sévit partout et achève
l'oeuvre morbide des disettes successives (30% de mortalité).
La panique et l'horreur règnent vers 1350. Mais un malheur
ne vient jamais seul : la guerre de Cent Ans entre en France et
marque les gens en la personne du fameux Prince Noir. Les "Routiers",
soldats démobilisés en 1360 terrorisent les populations
: on "s'emmuraille" pour se protéger. Même
l'abbaye de Lagrasse construit ses remparts. La Région
ne retrouvera sa prospérité qu'au XVI ème
siècle ; les communautés villageoises à ce
moment là vont reprendre du poil de la bête et lutter
pour l'acquisition d'une plus grande autonomie.
Pendant le XVII ème siècle les communautés
villageoises s'organisent administrativement (désignation
des consuls, gestion de la communauté). C'est pourtant
un siècle difficile : la peste, les rigueurs du climat,
l'insécurité retardent le développement de
la région. Le canton subit les soubressauts causés
par la révolte du Duc de Montmorency, gouverneur de toute
la province. "Autonomisme" avant la lettre de ce prince
vaincu et executé à Toulouse en 1632. Louis XIV
consolide sa puissance royale.
Le XVIII ème voit une amorce de reprise économique
sous l'influence d'une poussée démographique. La
bourgeoisie commerçante s'enrichit et tire ses profits
de l'élevage de brebis (cheptel très important).
Notre région a évité les soubressauts tragiques
que connurent d'autres provinces pendant la Révolution.
Le département est créé en 1790. Mais la
mort des oliviers due à un hiver très rigoureux
provoque une crise économique. Certaines communes comme
Montlaur sont duremment touchées. Rieux en val connaît
un soulèvement populaire. Dans ce contexte, on rédige
les fameux cahiers de Doléances. Mais les lois révolutionnaires
affaiblissent la catégorie la plus pauvre de la population.
S'ensuivent de nombreux conflits entre les éleveurs et
les paysans défricheurs car leurs interêts sont tout
à fait antagonistes. Peu à peu l'élevage
décline en partie à cause de la volonté des
agriculteurs.
Le XIX ème va connaître une véritable
révolution agricole. Nous passons d'une polyculture autarcique
à une monoculture viticole de type industrielle. La vigne
fait fuir le mouton et les céréales. Pourtant, cet
animal avait été pour la région une grande
source de richesse (12 tanneries à Lagrasse en 1833 et
15 000 moutons encore en 1807). Mais le cheptel disparait lentement
dans la deuxième partie du XIX ème. Le vin devient
de plus en plus rentable. La culture de l'olivier est abandonnée.
L'accroissement des populations urbaines et la construction du
chemin de fer amènent une prospérité étonnante.
Les terres médiocres sont revalorisées.
Au début du XX ème la vigne fournit à
nos habitants le plus gros de leurs revenus. Plus de céréales
: l'Aude est devenue tout à fait viticole. Et de là,
commencent à naître les problèmes : surproduction,
pratiques douteuses des négociants parisiens, provoquent
un effondrement du prix à l'hectolitre. Par ailleurs, le
philoxéra qui avait épargné pour un temps
nos vignes fait son apparition ici mais on reconstitue vite le
vignoble. On produit surtout du "gros rouge" : beaucoup
de randement pour peu de qualité. 1907 voit le pays
s'embraser ; la révolte gronde partout, soulève
les foules dans les villes importantes et fait jaillir des leaders
charismatiques comme Marcelin Albert.
Plus tard, les vins venus de "l'autre France" (Algérie,
Maroc, Tunisie) créent une mévente chez nous. En
34 les prix s'effondrent. Nouvelle crise, interrompue par la deuxième
guerre mondiale. Dans les années 50 nait chez le vigneron
la conscience d'une lutte pour sa survie. Après la guerre
d'Algérie, les malheurs de la vigne occitane viennent toujours
des importations italiennes. Le 31 mars 1963, premier commando.
De la crise naissent de nouveaux leaders, le plus célèbre
étant Maffre De Baugé. Création d'un syndicat
de jeunes agriculteurs. La crise s'intensifie ; le vin se vend
très mal. Les années 60 voient la lente asphyxie
de la viticulture. Les tensions montent jusqu'à l'insupportable.
Les manifestations violentes se multiplient un peu partout et
le midi fait la une de la presse nationale. Mais Paris semble
toujours faire la sourde oreille. Les revendications de mai 68
ont sensibilisé l'Intelligenzia locale : chanteurs (Marti),
poètes (Yves Rouquette), théâtreux (Théâtre
de la carrièra), bref tout un mouvement culturel se met
en place. La France ahurie redécouvre cette terre millénaire,
théâtre de bien des drames. Les consignes au goût
du jour ? : "Volem Viure al Pais". Pourtant à
bout de nerfs, les vignerons s'organisent ; la violence monte
de plusieurs crans et c'est le drame inévitable. 76, c'est
la fusillade de Montredon qui fait un mort dans chaque camp. Tout
le monde est sous le choc.
Il ne s'agit pas ici de faire un récit exhaustif de cette
guerre du vin dont les actions perdurent épisodiquement.
Nous vous renvoyons à une bibliographie adéquate.
Sachez pourtant que derrière nos si beaux paysages de carte
postale il y a l'histoire passionnante de ces "gens d'ici"
; ils l'écrivent encore tous les jours.
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